Photovoltaïque : la FNSEA fait entendre la voix du monde agricole
Tarifs de rachat de l’électricité : l’État ajuste sa copie après l’alerte du secteur agricole
Le gouvernement a revu sa position : face à la mobilisation du secteur agricole, et notamment de la FNSEA, l’arrêté publié le 26 mars marque un infléchissement important dans la réforme des tarifs de rachat de l’électricité photovoltaïque.
À l’origine de la fronde, une décision brutale : la volonté de l’État de réduire, avec effet rétroactif au 1er février 2024, le tarif d’achat de l’électricité solaire en toiture, passant de 105 à 83 €/MWh. Une baisse soudaine qui aurait mis en péril la rentabilité de nombreux projets déjà engagés, alors même que les installations ont doublé par rapport aux prévisions officielles.
Premier secteur concerné, l’agriculture n’a pas tardé à réagir. Par la voix de la FNSEA, le monde agricole a dénoncé une mesure précipitée, appelant à une méthode plus réaliste économiquement et respectueuse des engagements pris.
La mobilisation a payé. L’arrêté publié le 26 mars acte plusieurs avancées majeures :
- Fin de la rétroactivité : les projets en cours sont préservés, un point crucial pour la stabilité du secteur ;
- Tarif fixé à 95 €/MWh jusqu’au 1er juillet 2025, maintenant la viabilité d’une majorité d’installations ;
- Évolution vers un système d’appel d’offres dès septembre, afin de mieux maîtriser les volumes et d’éviter une nouvelle chute brutale des tarifs.
Pour autant, le combat est loin d’être terminé. Le futur dispositif d’appel d’offres, qui limitera le nombre de contrats disponibles, inquiète. « Il ne faut pas relâcher la pression », prévient un responsable du dossier énergie au sein d’une FDSEA départementale. « Nous devons obtenir un système simple, accessible, avec des démarches allégées, bien loin de la complexité imposée aux autres filières d’énergies renouvelables ».
Si l’État veut atteindre ses objectifs de développement du photovoltaïque, la FNSEA le rappelle : cela passera d’abord par les toitures agricoles, avant de se tourner vers les installations au sol.