Face à un effet ciseau destructeur, la filière porcine ligérienne tire la sonnette d’alarme
C’est sur l’exploitation d’Emmanuel Landeau, installé depuis 2013 à Miré, que les représentants syndicaux de la section régionale porcine ont choisi de faire entendre leur voix le mardi 9 juin lors d'une conférence de presse. L'exploitation est un exemple type de la restructuration et des efforts de modernisation constants de la filière porcine régionale. Avec 150 truies sur 94 hectares, Emmanuel engraisse environ 3600 porcs/an. Pourtant, les projets d'avenir se heurtent à la réalité économique. Emmanuel LANDEAU explique « Mon objectif est de rapatrier mes places d'engraissement actuellement situées sur un site plus ancien et plus éloignée du site principal pour valoriser la productivité accrue de mes truies et gagner en confort pour mes animaux et moi-même. Mais l’investissement est mis en stand-by du fait de la conjoncture et de l’explosion des coûts de construction. »
Un effet ciseau structurel qui asphyxie les exploitations
Depuis une dizaine de mois, la filière porcine française subit un effet ciseau structurel dévastateur mettant à mal les trésoreries des exploitations. D’un côté, le cours du porc s'est effondré de près de 25 % en un an (cotation Marché du Porc Français établie à 1,434 €/kg au 8 juin 2026) et de l’autre, les charges restent historiquement hautes, déconnectées de la valeur du produit final.
En mars 2026, l'indicateur du prix cible INAPORC s’élevait à 1,839 €/kg pour couvrir les coûts de production. En comparaison avec le prix réellement payé aux producteurs, la perte sèche s’établit à 28 € par porc sur le premier trimestre 2026. « Pour un élevage ligérien moyen produisant 6 000 porcs à l’année, cela représente un manque à gagner de 42 000 € uniquement sur les trois premiers mois de l’année » précise Mickaël GUILLOUX, élu de la section porc FRSEA. Cette situation entraîne des conséquences directes sur l'approvisionnement national. Pour la première fois de son histoire moderne, le taux d'auto-approvisionnement en viande porcine de la France est passé sous la barre des 100 %.