Prairies : la profession exige une expertise des pertes

17 septembre 2026 | Publié par FDSEA 49 - JA 49

Face aux conséquences des intempéries de 2026, la FDSEA, la Chambre d'agriculture et les Jeunes Agriculteurs de Maine-et-Loire sollicitent le préfet pour une évaluation de terrain des pertes en prairies et un dégrèvement total de la TFNB.

En effet, si des procédures d'indemnisation fondée sur la solidarité nationale (ISN) sont en cours pour de nombreuses cultures, les organisations souhaitent attirer l'attention sur la situation particulière des prairies. Leur indemnisation repose sur un fonctionnement différent : les agriculteurs passent par l'assureur déclaré comme "interlocuteur agréé" lors de la déclaration Pac, tandis que le calcul des pertes s'appuie sur l'indice de pousse des prairies (IPP).

Un décalage entre l'indice et le terrain

Calculé à partir de données satellitaires fournies par Airbus, l'évolution de l'IPP est consultable en ligne. A mi-septembre, les données du satellite s'arrêtent à fin juin mais d'ores et déjà, elles montrent que les indices dépassent 70 % dans de très nombreuses communes du département. Or, ce niveau constitue le seuil au-delà duquel aucune indemnisation n'est possible, la pousse de l'herbe étant considérée dans la moyenne. Pour les représentants agricoles, ces résultats ne correspondent pas aux observations réalisées dans les élevages. "Les éleveurs ont déjà commencé à puiser dans leurs stocks hivernaux et les récoltes de fourrage ont été réalisées en quantités moindres, ce n'est pas possible de ne pas déclencher cette année" lance le président de la FDSEA Emmanuel Lachaize. Les organisations estiment donc nécessaire de confronter les données automatisées à la réalité des exploitations. Elles demandent ainsi au préfet la mise en place d'une mission d'expertise de terrain, afin de constater les dégâts et d'estimer les pertes à partir des bilans fourragers des exploitations concernées.

Des prairies à ressemer et une demande fiscale

Le courrier souligne également que la sécheresse et les canicules ont causé, dans certaines parcelles, des dégâts irréversibles. Des prairies devront être ressemées. Pour ces situations, les organisations sollicitent l'ouverture d'une procédure de calamités agricoles au titre des pertes de fonds. Enfin, compte tenu de l'ampleur et du caractère exceptionnel des phénomènes climatiques, elles demandent, conformément aux possibilités offertes dans le plan de soutien dévoilé par la ministre de l'Agriculture le 4 septembre, un dégrèvement total de la taxe foncière sur les propriétés non bâties (TFNB) au titre de 2026. Cette mesure concernerait l'ensemble des terres agricoles du département (terres, prairies, vergers et vignes).

Pour les signataires, ces mesures constitueraient un soutien direct et nécessaire à la trésorerie des exploitations, afin de les aider à absorber une partie des conséquences économiques des aléas et à préserver leur capacité à poursuivre leur activité.