Mercosur : les éleveurs plus que jamais mobilisés
A l’appel de la Fédération Nationale Bovine, de nombreux éleveurs, soutenus par les producteurs d’autres filières concernées, et par les élus, se sont réunis ce midi à proximité de l’Ambassade du Brésil, pour dénoncer le projet de ratification de l’accord entre l’Union Européenne et les pays du Mercosur. La Commission européenne poursuit le déploiement de sa stratégie commerciale, et insiste pour lancer rapidement la procédure de ratification de l’accord avec le Mercosur… et pourtant l’opposition française reste totale pour les éleveurs, les agriculteurs, les citoyens et les élus. C’est pourquoi les éleveurs français se sont mobilisés aujourd’hui, tout près de l’Ambassade du Brésil, en pleine période de récoltes.
Cet accord, qui prévoit de faciliter l’entrée en Europe de 99 000 tonnes de viande bovine (7,5% de droits et essentiellement de l’aloyau qui représente 25% du volume d’aloyau produit en Europe), 180 000 tonnes de volailles (0% de droits), 1 000 000 tonnes de maïs et sorgho (0% de droits), 180 000 tonnes de sucre (0% de droits), 45 000 tonnes de miel (0% de droits, soit deux fois la production française), sans aucune mesure de réciprocité sur les normes de production, menace de déstabiliser le marché. Cette concurrence déloyale, dans un contexte de baisse de production européenne, est tout simplement inenvisageable pour les producteurs. Les viandes issues d’animaux élevés en feedlotssans aucune traçabilité, dopés aux activateurs de croissance et aux hormones, ne doivent pas avoir leur place dans les assiettes des consommateurs européens. De plus, dans un déni démocratique total, la Commission entend passer en force en modifiant la procédure de ratification pour s’affranchir du droit des véto des Etat membres… Forte de l’unanimité des deux chambres parlementaires, la France doit s’opposer à la scission de cet accord.
Pour Clément Traineau, responsable viande bovine à la FRSEA Pays de la Loire et présent lors de la manifestation : « Les éleveurs se sont mobilisés aujourd’hui, soutenus par leurs collègues. Sans faiblir, ils se mobiliseront encore, et avec tous les agriculteurs, contre cet accord. Il est tant que la France s’oppose à la scission de cet accord et stoppe définitivement le processus de ratification. »