Mobilisation agricole devant le tribunal d’Angers : une colère toujours vive

9 janvier 2026 | Publié par FDSEA 49 - JA 49

Ce jeudi 8 janvier, agriculteurs et entrepreneurs de travaux agricoles se sont de nouveau mobilisés devant le tribunal d’Angers, en soutien à trois collègues convoqués par la justice suite aux actions agricoles menées début 2024. Une mobilisation organisée par la FDSEA, les JA49 et les Entrepreneurs des Territoires, afin de dénoncer ce qu’ils considèrent comme une décision profondément injuste.

Cette audience fait suite aux actions agricoles de janvier 2024, menées pour défendre le revenu agricole et alerter sur la situation économique critique du monde paysan. Les trois prévenus sont poursuivis pour des faits d’« entrave à la circulation », à la suite d’une mobilisation ayant eu lieu aux abords de l’A11, à hauteur de Durtal. Une qualification juridique qui inquiète fortement la profession, car elle pourrait créer un précédent inédit en France.

Déjà, le 27 septembre 2024, une quarantaine d’agriculteurs et d’entrepreneurs des territoires s’étaient rassemblés devant le tribunal d’Angers, en soutien aux personnes convoquées suite aux manifestations de début 2024. La mobilisation du 8 janvier s’inscrit donc dans la continuité de ce mouvement de solidarité, preuve que la tension reste vive et que les inquiétudes demeurent.

Pour les organisations syndicales, la question est simple : pourquoi eux, et pas tous les autres ? En 2024, ce sont des centaines d’agriculteurs qui ont participé aux mobilisations partout en France. Beaucoup auraient donc pu, eux aussi, se retrouver devant les juges. Cette situation alimente un sentiment d’incompréhension et d’injustice au sein de la profession.

Au-delà du soutien aux prévenus, ce rassemblement visait également à rappeler que les causes de la colère agricole sont toujours présentes. Deux ans après les premières mobilisations, les mêmes difficultés persistent : revenus insuffisants, charges en hausse, manque de reconnaissance et sentiment d’abandon. Les manifestants redoutent qu’une condamnation n’aggrave encore la fracture entre le monde agricole et les institutions.

Par cette mobilisation du 8 janvier, les agriculteurs ont voulu envoyer un message clair : la solidarité reste totale et la mobilisation ne faiblira pas tant que des réponses concrètes et efficaces ne seront pas apportées par les pouvoirs publics.