Intempéries : ce ne sont pas aux agriculteurs de payer !
Frédéric Vincent, élu FNPL et responsable départemental du dossier lait
Les intempéries de la semaine dernière ont provoqué des retards, voir une absence totale de collecte, dans certaines exploitations laitières. Malgré l’obtention d’une dérogation auprès de la préfecture pour autoriser les camions de collecte à circuler, se sont un peu moins de 12 millions de litres de lait qui ont dû être jetés sur les régions des Pays de la Loire et de la Bretagne.
Se pose maintenant la question de la prise en compte de ces volumes jetés ? Certains industriels ont choisi de reconnaître les volumes perdus et de rémunérer leurs producteurs : nous saluons cette décision. Mais pour d’autres entreprises, c’est silence radio. Leur réponse ? "Débrouillez vous avec votre assurance." Il est hors de question que les assurances des producteurs soient activées pour des évènements qui ne soient pas de leur responsabilité. La collecte est de la responsabilité du collecteur et non de l’éleveur. Résultat : l’éleveur paie, encore, pour des dysfonctionnements qui ne relèvent pas de sa responsabilité.
Comment accepter que des acteurs de la filière laitière refusent d’assumer leur part de risques ? Alors que les premières annonces sur le prix du lait pour 2026 ne vont pas dans le bon sens, cette indifférence est un coup de massue supplémentaire. Les éleveurs ne peuvent plus être le bouc émissaire d’une filière qui broie ses producteurs. Il est temps que les industriels prennent leurs responsabilités avant que ce ne soit la filière toute entière qui se vide. Parce qu’un éleveur qui travaille, ça se respecte. Et ça se paie.
Une nouvelle fois, le réseau syndical FRSEA Ouest est au travail pour trouver des solutions aux éleveurs concernés.
Crédit photo : Stéphane LEITENBERGER