Sanitaire : l’équarrissage sous pression

3 juillet 2026 | Publié par FDSEA 49 - JA 49

Depuis le début de la semaine, plusieurs situations de mortalités massives ont été constatées dans le département, tout particulièrement en élevage de volailles. Considérant l'importance du nombre d'élevages avec des mortalités massives en Pays de la Loire, les services d'équarrissage ont rapidement été dépassés et ont indiqué être en incapacité de pouvoir collecter et traiter en temps et en heure la totalité des cadavres. Depuis le début de la semaine, cette mortalité concerne environ 1 500 tonnes de volailles dans les Pays de la Loire et ne cesse d'augmenter. Pour le Maine-et-Loire, ce sont 270 tonnes qui ont été recensées à l'heure actuelle, dont 90 % d'entre elles vont devoir être enfouies car non prises en charge par les services d'équarrissage (qui ne prennent plus de volailles en charge depuis ce jeudi matin).

À la demande de la FRSEA, des JA et du Cravi*, une réunion de crise a été organisée avec la Draaf et les DDPP des 5 départements de la Région mercredi midi, aboutissant à la procédure décrite ci-après en cas de mortalité massive :

1. L'éleveur fait une demande d'enlèvement auprès de SecAnim comme habituellement ;

2. SecAnim évalue sa capacité et la possibilité de collecter en vue d'un traitement en usine, d'une ISDND ou d'une incinération. Il y a alors deux situations possibles :

  • Si l'équarrisseur a la capacité de collecter : il en informe l'éleveur rapidement (dans les 24h si possible) des modalités de passage, réalise la collecte (le délai peut dépasser les 2 jours francs pour préserver l'odre de passage).
  • Si l'équarrisseur n'a pas la capacité de collecter : il en informe l'éleveur rapidement (dans les 24h si possible). Ce dernier dépose alors une demande d'enfouissement auprès de la DDPP sur l'outil Mes démarches simplifiées. L'instruction de la demande débouche alors sur plusieurs possibilités : enfouissement sur l'élevage avec passage obligatoire d'un hydrogéologue, enfouissement à Pétosse (volailles) ou demande de collecte par équarisseur si pas de solution et selon l'espèce.

La DDPP s'est organisée pour gérer cette situation de crise pour être réactive une fois la demande d'enlèvement de cadavres effectuée.

Dans l'attente de la collecte ou de l'enfouissement des cadavres, les éleveurs peuvent ajouter de la sciure ou des copeaux pour absorber les jus, laisser les cadavres en godet ou en remorque non bâchée en les recouvrant de paille, tout en les éloignant des pâtures avec bovins en raison du risque de botulisme.

Aussi, nous souhaiterions avoir une connaissances plus précises des pertes parmi les adhérents du réseau. Voici un questionnaire qui vous permet de nous faire remonter les espèces et les quantités d’animaux touchés. Merci pour votre contribution.

Réaction de Tristan Poincloux, co-président du Comité Régional Avicole :

En temps normal, le système d'équarrissage fonctionne. Mais au moindre coup dur, la machine s'enraye. Et chaque année, dès que le thermomètre grimpe, nous rejouons inlassablement le même scénario. Les vagues de chaleurs ne sont plus une situation inédite, elles vont devenir la norme dans les années à venir. Dans ces moments-là, le traitement des animaux morts n'attend pas. Il faut de la réactivité. Les sociétés d'équarrissage et l'Etat doivent prendre leurs responsabilités et déployer, dès à présent, un plan d'actions structurel pour gérer les fortes chaleurs ou les situations d'urgence. Nous ne pouvons plus accepter que les éleveurs soient le dernier maillon d'une chaîne logistique défaillante.